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META RAY-BAN DISPLAY : le Meta Neural Band et écriture manuscrite, quand le geste devient un clavier invisible

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La saisie de texte reste l’un des points faibles des lunettes connectées. Avec son Neural Band, Meta explore une voie inattendue, transformer de simples gestes du doigt en un véritable clavier invisible, directement piloté par les muscles

Meta poursuit le développement de ses interfaces alternatives avec une nouvelle fonctionnalité de reconnaissance d’écriture manuscrite reposant sur son bracelet Neural Band. Déployée récemment en accès anticipé aux États-Unis, cette technologie permet de transformer en texte ce que l’utilisateur trace avec son doigt sur une surface, ou même dans l’air, sans clavier, sans écran tactile et sans commande vocale. Une évolution révélatrice de la direction prise par les futures lunettes connectées et, plus largement, par les interfaces homme machine.

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Une saisie pensée pour les lunettes connectées

L’un des principaux défis des lunettes intelligentes reste la saisie de texte. Les écrans sont réduits, les claviers virtuels peu pratiques et la commande vocale ne convient pas à toutes les situations. Avec la reconnaissance d’écriture manuscrite, Meta propose une solution intermédiaire, plus discrète et plus contextuelle. L’utilisateur peut écrire quelques mots avec son index, sur une table ou sur sa cuisse, et voir le texte apparaître directement dans l’affichage des lunettes.

Cette fonctionnalité est actuellement intégrée à certaines applications de messagerie, notamment WhatsApp et Messenger, et s’inscrit dans l’écosystème des Ray-Ban Meta Display, des lunettes équipées d’un affichage tête haute visible uniquement par le porteur. L’objectif n’est pas de remplacer le smartphone, mais de permettre des interactions rapides, sans avoir à sortir un autre appareil ni rompre le fil d’une activité en cours.

Le rôle central du Neural Band

Au cœur de cette expérience se trouve le Meta Neural Band, un bracelet capable de capter l’activité électrique des muscles de l’avant bras grâce à l’électromyographie de surface. Chaque mouvement de doigt, chaque variation musculaire, génère un signal spécifique. Ces signaux sont ensuite analysés par des modèles d’intelligence artificielle entraînés à reconnaître des gestes précis, y compris ceux correspondant à l’écriture de lettres.

Contrairement à une reconnaissance visuelle classique, le système ne cherche pas à interpréter la forme dessinée sur une surface. Il identifie la séquence musculaire associée au geste d’écriture. C’est ce principe qui permet à la saisie de fonctionner indépendamment du support, que l’utilisateur écrive sur un bureau, sur un carnet imaginaire ou simplement dans le vide.

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Cette technologie ne sort pas de nulle part. Elle est directement héritée des travaux de CTRL-labs, une start-up spécialisée dans les interfaces neuronales rachetée par Meta il y a plusieurs années. Les recherches menées à l’époque constituent aujourd’hui la base du Neural Band et expliquent le niveau de maturité atteint par cette approche, malgré son apparente nouveauté auprès du grand public.

Le traitement s’effectue en temps réel, avec une phase d’adaptation initiale afin de tenir compte des différences physiologiques entre utilisateurs. Avec l’usage, le système affine sa compréhension du style d’écriture, de la vitesse des gestes et des micro-variations musculaires, améliorant progressivement la fiabilité de la reconnaissance.

Pourquoi Meta privilégie l’EMG à la caméra ou à la voix

Meta mise sur l’électromyographie plutôt que sur la caméra ou la commande vocale pour répondre à des contraintes très concrètes liées à l’usage quotidien. La voix n’est pas toujours adaptée, que ce soit dans les transports, en milieu professionnel ou dans des contextes où la discrétion est essentielle. Les caméras de suivi des mains, de leur côté, dépendent fortement des conditions d’éclairage, des angles de vue et consomment davantage d’énergie.

L’EMG offre une interaction discrète, indépendante des conditions lumineuses et largement invisible pour l’entourage. Le geste est capté à l’état d’intention musculaire, parfois avant même que le mouvement ne soit clairement perceptible. Cette anticipation réduit la latence et permet une précision suffisante pour des interactions fines comme la saisie de texte court. Pour Meta, cette approche correspond davantage à la vision de lunettes réellement portables au quotidien, capables de fonctionner en permanence sans attirer l’attention.

Cette méthode soulève néanmoins, en filigrane, la question des données biométriques. Même si Meta indique que le traitement des signaux EMG s’effectue localement et qu’il s’agit de commandes fonctionnelles, le fait de capter des données neuro musculaires pose des interrogations légitimes sur la confidentialité à long terme et les usages futurs de ces signaux.

Une disponibilité encore limitée

Pour le moment, la reconnaissance d’écriture manuscrite via le Neural Band est proposée en accès anticipé aux États-Unis et uniquement en anglais. Meta a indiqué avoir ralenti, voire mis en pause, le déploiement international afin de répondre à la demande locale et de poursuivre l’amélioration du système. La France et plusieurs autres pays européens ne sont donc pas encore concernés, même si une extension à d’autres langues n’est pas exclue.

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Cette phase de test met également en lumière les limites actuelles de la technologie. La saisie reste plus lente qu’un clavier physique pour de longs textes et nécessite un temps d’apprentissage. Elle se destine avant tout à des messages courts, des corrections rapides ou des interactions ponctuelles, plutôt qu’à une rédaction prolongée.

Des perspectives au delà de la messagerie

Au delà de l’écriture de messages, cette technologie ouvre la voie à des usages plus larges, notamment professionnels et créatifs. Associée au téléprompteur récemment présenté par Meta, elle permet par exemple à un journaliste, un vidéaste ou un intervenant de consulter et faire défiler un texte directement dans ses lunettes, tout en gardant les mains libres et le regard orienté vers son public ou sa caméra.

Cette fonctionnalité peut également être vue comme une première concrétisation des interfaces promises par Meta avec ses prototypes de lunettes holographiques, notamment le projet Orion, qui repose entièrement sur le Neural Band pour le contrôle. L’écriture manuscrite devient alors un jalon visible d’une interface pensée à long terme pour fonctionner sans écran, sans clavier et sans périphérique physique.

À plus long terme, la reconnaissance de gestes fins par EMG pourrait aussi trouver sa place dans des domaines comme la formation, la maintenance ou la logistique, où la saisie de données doit rester rapide, discrète et compatible avec des environnements contraints. L’écriture manuscrite ne remplace pas les interfaces existantes, mais vient enrichir un ensemble d’interactions plus contextuelles.

Avec le Neural Band et cette reconnaissance d’écriture manuscrite, Meta avance progressivement vers des interfaces plus invisibles, intégrées au corps et pensées pour un usage quotidien. Une évolution encore imparfaite, mais révélatrice d’une tendance de fond où le geste, plus que l’écran, devient le point d’entrée principal de l’informatique portable.

redacteur vignetteEric de Brocart
Fondateur - Directeur de publication
Magicien professionnel, quand je ne suis pas derrière mon PC, photographe amateur, quand j'ai le temps et surtout un grand passionné de réalité virtuelle.
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