Google Glimmer prépare l’interface des lunettes Android XR, un design pensé pour ne pas masquer la réalité
par Eric de BrocartGoogle détaille Glimmer, son nouveau langage d’interface destiné aux lunettes Android XR. Une approche qui change radicalement la manière d’afficher l’information devant les yeux.
Google travaille sur la prochaine génération de lunettes connectées fonctionnant sous Android XR. Pour accompagner ces appareils à affichage transparent, la firme introduit Glimmer, un langage de design spécifiquement conçu pour les interfaces en réalité augmentée. L’objectif n’est pas d’ajouter un écran permanent devant les yeux, mais d’intégrer l’information sans perturber la perception du monde réel.
La différence avec la réalité virtuelle est centrale. En VR, l’utilisateur est isolé dans un environnement numérique. Avec des lunettes AR, l’affichage vient simplement se superposer à la réalité. L’interface doit donc rester discrète, contextuelle et parfaitement lisible dans des conditions lumineuses variables.
Le défi du noir invisible
Sur un smartphone, le noir est une couleur pleine. Sur un écran transparent, le noir pur est perçu comme du vide. Cela signifie qu’un fond noir ne bloque pas la lumière comme sur un écran classique. Ce détail technique oblige à repenser totalement la hiérarchie visuelle et les contrastes. Les couleurs très saturées peuvent se diluer selon l’environnement. Glimmer privilégie donc des contrastes nets, des contours marqués et des zones partiellement opaques plutôt que de larges aplats graphiques. L’objectif est de garantir la lisibilité sans masquer le décor réel.
Une typographie adaptée à la réalité
La lisibilité passe aussi par la typographie. Sur un affichage transparent, les traits fins peuvent disparaître à cause des micro-mouvements naturels de la tête ou d’une forte luminosité ambiante. Glimmer recommande des polices plus épaisses, des textes en gras et des tailles supérieures à celles d’un smartphone. Les blocs de texte restent courts. L’information doit être comprise en un instant, sans que l’utilisateur ait besoin de fixer longuement un élément flottant dans son champ de vision.
Une interface qui sait disparaître
L’un des principes majeurs de Glimmer repose sur la temporalité. Une notification, une traduction ou une indication de navigation apparaissent brièvement, puis s’effacent. L’interface intervient uniquement lorsque c’est nécessaire et laisse ensuite toute la place à la réalité. Cette approche évite la surcharge cognitive et réduit la sensation d’avoir un écran constamment actif devant les yeux. L’assistance doit rester contextuelle et maîtrisée.
Le design au service de l’autonomie
Google met à disposition des développeurs des composants dédiés via Jetpack Compose pour Android XR. Ces outils encouragent des interfaces légères, peu denses et économes en pixels actifs. Réduire le nombre de pixels allumés ne sert pas uniquement la clarté visuelle, cela permet aussi de préserver la batterie et de limiter la chauffe sur un appareil porté sur le visage. Sur des lunettes, l’autonomie et le confort thermique sont des enjeux critiques. Le design devient donc un levier technique, et non simplement esthétique.
Vers un nouveau langage visuel pour les lunettes
Avec Glimmer, Google ne cherche pas à adapter son design mobile existant. La firme pose les bases d’un langage visuel spécifique aux affichages transparents. Les lunettes AR imposent leurs propres contraintes physiques, énergétiques et perceptives, qui nécessitent une approche dédiée.
Reste à voir comment ces principes se traduiront dans les premiers modèles commerciaux Android XR. Si l’équilibre est trouvé, les lunettes connectées pourraient devenir un outil d’assistance discret, capable d’afficher des informations utiles sans transformer le regard en interface permanente.





